Côte caraïbe – Partie 2

Côte caraïbe – Partie 2

Voici la suite (et fin) de nos découvertes sur la côte caraïbe colombienne !

Après le trek de la Ciudad Perdida, nous nous sommes reposés deux jours à Palomino, station balnéaire relativement tranquille. Nous avons réussi à dénicher quelques bouts de plage non privatisés par des hôtels trop luxueux pour nous, afin de nous baigner. Malheureusement, la plage de Palomino est grignotée peu à peu par la mer d’un côté et par les hôtels de l’autre, ne laissant qu’une petite bande de sable pour poser sa serviette ! 

Nous avons ensuite fait une courte étape à Riohacha afin d’organiser notre périple à suivre, dans la péninsule de Guajira. Nous découvrons un centre-ville quasi-désert, jour férié oblige. Néanmoins, de nombreux locaux en profitent pour se balader sur la promenade le long de la mer, ou se baigner. Romain fait pareil, sous les derniers rayons de soleil de la journée.

Dès le lendemain, nous prenons part à une excursion en 4×4 avec un chauffeur local, deux tchèques et deux colombiens, pour visiter la péninsule de Guajira. La péninsule de Guajira constitue le deuxième désert colombien (avec le désert de Tatacoa, précédemment visité) et est le territoire des indiens Wayúus. Il s’agit d’une des régions les plus pauvres de Colombie. Nous nous arrêtons à Uribia, d’une part pour acheter des mandarines pour les enfants (ou les seniors) Wayúus, qui seront nombreux à dresser des barrages de corde sur notre passage. Au moins, les mandarines ne laisseront pas de déchets plastiques, et sont bonnes pour leur santé. D’autre part, notre chauffeur fait le plein du 4×4 (immatriculé au Vénézuéla) avec de l’essence importée elle aussi du Vénézuéla ! En effet, le Vénézuéla n’est qu’à une centaine de kilomètres, et les véhicules et l’essence entre autres coûtent beaucoup moins cher là-bas… Nous nous mettons véritablement en route, sur des pistes de terre et de cailloux, au milieu d’une végétation aride. Nous atteignons le village de Cabo de la Vela, spot de kite-surf réputé. Nous allons voir les attractions près de Cabo : la Playa Arcoiris, ou plage arc-en-ciel, ainsi nommée car des vagues viennent éclater contre le rocher, créant ainsi de nombreux arcs-en-ciel en suspension.

Nous grimpons au sommet du Pilón de Azúcar (Pain de Sucre), promontoire rocheux de 120 mètres de hauteur en bord de mer afin de profiter de la vue à 360 degrés, avant de se baigner à la plage juste en-dessous. Nous admirons également le fabuleux spectacle du coucher de soleil avant de retourner au village.

Nous sommes invités à passer la soirée chez une famille Wayúu, qui nous raconte leur culture et leur façon de vivre. Le dîner est typique : viande de chèvre, arepa (galette de maïs), chicha (boisson à base de maïs). Enfin, nous revêtons les vêtements traditionnels et Delphine se fait maquiller (de façon 100% naturelle !). Les enfants de la famille nous montrent la façon de danser wayúu, et c’est à notre tour de nous lancer ! Nous avons encore pas mal de progrès à faire ! La soirée est passée vite mais nous avons appris plein de choses sur ce peuple fier qui vit dans des conditions si difficiles. Ce soir-là nous dormons dans un hamac, abrité par un toit de chaume, bercé par le bruit des vagues !

Notre première nuit ne se passe pas trop mal. Nous avons la chance de voir la lune se refléter sur la mer, puis de voir percer les premiers rayons de soleil, sans bouger du hamac. Nous remontons dans le 4×4 et apercevons les premiers barrages de fortune : parfois tous les cinquante mètres, deux enfants situés de part et d’autre de la piste tirent une corde pour nous obliger à nous arrêter.  Nous commençons donc à distribuer les mandarines. Un bien petit geste comparé aux besoins de cette population, dont les réserves en eau ont quasiment disparu depuis l’implantation de structures industrielles sur leur territoire, notamment une mine de charbon. Nous déjeunons sur une très jolie plage. Nous profitons vraiment de la tranquilité, de la mer calme, de la chaleur, car nous savons que dans quelques semaines ce ne sera plus les mêmes conditions !

Ensuite, direction les étonnantes dunes de sable de Taroa, qui mènent à une autre plage. Vous l’aurez compris, le thème de cette journée est la baignade ! Nous allons admirer le coucher de soleil depuis le phare de Punta Gallinas, point le plus septentrional de la péninsule et de l’Amérique du Sud. Quel chemin parcouru depuis Ushuaïa ! Nous passons la deuxième nuit dans un chinchorro, hamac bien plus large et confortable.

Le troisième jour, nous distribuons le reste de nos mandarines, faisons quelques achats d’artisanat textile (les Wayúus sont spécialisés dans la confection de sacs et de bracelets) et roulons beaucoup jusqu’à Riohacha.

Cette excursion dans la péninsule de Guajira nous aura plus, avec ses paysages sauvages, arides et isolés. Néanmoins, le sort réservé aux Wayúus, qui habitent depuis des siècles sur ces terres si inhospitalières, nous a touchés. Victimes de l’industrialisation de leurs territoires, dont ils ne touchent aucun bénéfice, ils se retrouvent à mendier auprès des touristes pour obtenir de l’eau ou de la nourriture. De plus, étant donné que beaucoup de touristes leurs donnent ces vivres emballées dans du plastique, les abords de leurs habitations sont devenus des champs de déchets. C’est bien dommage dans cet environnement pourtant si sauvage. Nous nous sommes vraiment interrogés sur notre place et notre rôle en tant que touriste, et sur l’impact que nous avons. Une expérience humaine en demi-teinte, donc !

Après cette aventure unique, nous sommes allés à la découverte du parc naturel national Tayrona. Ce parc s’étend sur près de 15 000 hectares le long de la côte caraïbe.

Pendant deux jours, nous avons exploré les sentiers dans la forêt tropicale, en faisant des pauses sur des plages paradisiaques de sable fin. Nous avons pris le temps de profiter de ces superbes plages en arrivant tôt, avant la foule des colombiens en week-end. Nous avons pu aussi ressortir notre matériel de snorkeling, avec à la clé pas mal de poissons que nous n’avions pas encore vus (même aux Galápagos!). Le parc Tayrona est un des plus connus et courus en Colombie et on comprend pourquoi ! La ciel bleue, la mer chaude, le sable blanc, la forêt verte… On en a pris plein les yeux !

Ensuite, nous sommes allés prendre le frais à Minca, petit village de montagne, en plein cœur d’une nature verdoyante. Nous y avons retrouvé Camille, que Delphine n’avait pas vue depuis près de 7 ans, et Davina, son amie de voyage. L’occasion de randonner jusqu’au point de vue de los Piños, offrant une vue panoramique jusqu’à Santa Marta et la mer des Caraïbes.

Après cette entrevue aussi sympathique qu’imprévue, chacun reprend sa route. Un trajet interminable en bus nous amène à Cartagena de las Indias (Carthagène en français), la « perle des Caraïbes ». Cette cité coloniale a été fondée en 1533 par les Espagnols. Elle présente des fortifications militaires parmi les plus importantes d’Amérique du Sud. En effet, cette cité a été plusieurs fois l’objet de l’assaut de pirates ou d’armées étrangères (dont française et anglaise). Le port fut un centre important de traite des esclaves et de transit de l’or. Le centre de Carthagène est désormais entièrement classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Nous avons visité le Castillo San Felipe de Barajas, plus grande forteresse construite par les colons espagnols, réputée imprenable. La vue est également imprenable sur le centre historique et les gratte-ciels de la nouvelle ville ! Nous avons aussi arpenté les rues colorées du centre-ville, admiré les bâtiments coloniaux et profité de la relative fraîcheur des places arborées. Enfin, la journée s’est terminée en beauté sur les remparts, avec un magnifique coucher de soleil, à peine troublé par les propositions incessantes des vendeurs ambulants (« agua, cerveza ? »).

La côte Caraïbe, quoique très touristique, nous a réservés beaucoup de belles surprises, par sa variété. Entre désert, plages paradisiaques, jungle luxuriante et belles villes coloniales, nous avons été comblés !

Nous nous rapprochons ensuite du centre du pays et de Bogotá, en quelques étapes, car l’heure du retour approche à grands pas !

3 commentaires
  • Bruno et Hélène
    Répondre

    La limite nord de votre magnifique périple:
    les plages de sable fin après la haute montagne, les rencontres d’habitants très attachants . Toujours de belles images et un commentaire passionnant.
    À bientôt !

  • Colette et Michel
    Répondre

    Une (presque) fin de voyage au paradis!
    La rencontre avec les Wayúu est encore un moment magique.
    Nous voyageons avec vous par les images et vos commentaires qui sont riches d’enseignements. Merci.

  • Anne-Cécile
    Répondre

    Toujours de très belles photos et je partage votre interrogation sur le rôle des touristes auprès de certaines populations !! Bises

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